•    Après ce premier stage en crèche et la fin de la première année (déjà !), voici que je m'apprête à entamer mon premier stage auprès d'une psychomotricienne en tant qu'étudiante de deuxième année !

    J'ai la chance d'effectuer pendant le mois de juillet un stage de quatre semaines en Centre Médico Psychologique pour Enfant et Adolescent. Une équipe pluridisciplinaire accueille des enfants de 0 à 16 ans qui, après consultation auprès d'un pédopsychiatre, vont bénéficier d'une aide psychologique. Ce centre accueille aussi une section école.

    La durée de ce stage est relativement courte, j'espère donc en tirer le maximum quant au fonctionnement institutionnel, à la pratique de la psychomotricité et aux relations existant entre cette pratique et celles des autres professionnels du centre.

    Cette fois-ci, il serait avisé que je rédige chaque soir un rapport des points forts de la journée et des questions à poser.

    A demain donc, pour mon premier jour !

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  •         Aujourd'hui 7 décembre 2009, premier jour de mon stage en crèche!

    Le début fut un peu chaotique, et retardé, par des évènements impliquant des bus, des arrêts du même nom et des lieux différents.

    Arrivée (enfin!) dans la crèche, j'enfile chaussons et tenue de rigueur et me voilà dans la salle des grands-moyen, avec ma référente, une éducatrice spécialisée (non titulaire de son poste hélas).
     Les enfants sont calmes, m'observent avec attention. Un petit P. n'hésite pas à venir me présenter les animaux de la ferme, alors que J., cachée derrière son doudou, me regarde à la dérobée.
     
     Je suis assez mal à l'aise au début, ne sachant trop ce qu'on attend de moi... Fort heureusement, les enfants eux sont plus qu'explicites! Sans rien me demander, ils m'embarquent dans leurs jeux et m'enjoignent même de m'asseoir "paterre" si je fais mine de m'en aller.
        C. est arrivée en même temps que moi. Sa maman l'a laissé, il n'y a pas vraiment eu de pleurs, mais il reste un moment blotti contre l'une des auxiliaires de puériculture, le pouce dans la bouche. Ma référente m'explique qu'à leur arrivée à la crèche, une personne en particulier, dans le meilleur des cas deux, est responsable de l'intégration de l'enfant et fait office pour lui de première figure d'attachement.
    Si cette pratique permet à l'enfant et aux parents de se sentir securisés, elle a toutefois ses désavantages! Ainsi, le petit A., du groupe des moyens, pourtant souriant et gambadant dès le matin, se met à pleurer lorsqu'il voit M., sa référente arriver et qu'elle ne vient pas de suite vers lui.
     
      Suite à une question, j'apprends que les activités de la crèche ne sont pas particulièrement organisées. Le personnel s'adapte en fonction du nombre des enfants, de leur humeur, de l'ambiance... Une large place est laissée au jeu spontané, dans une pièce emplie de jouets de toutes sortes (balles multicolores, figurines d'animaux, images, livres, puzzles, jeux de construction...), recouverte par endroit de tapis, de lieu plus en hauteur accessibles par des coussins, des pentes. Un tunnel, servant d'abord à cacher l'éducatrice, puis mis à leur disposition semble être un élément particulièrement apprécié des enfants. Deux miroirs côte à côte leur permettent de se voir en pied, bien qu'ils m'ont semblé ne pas en faire grand cas ( ou alors pour jouer à faire de la buée). De la musique, des comptines, des chants de Noël leur sont proposés. 
     Ce matin, les enfants jouaient tranquillement, allant et venant autour des soignantes, venant parfois chercher un câlin... Les interactions entre eux sont souvent d'ordre conflictuel: désir simultané du même jouet, des mêmes bras pour un câlin, bousculades. Néanmoins, parmis les moyens, M., un petit bonhomme très souriant et joueur, à la particularité de faire grand cas des émois de ses camarades et va donc systématiquement chercher le doudou de l'enfant qui pleure!
      Un peu avant midi, les soignantes distribuent à chacun sa sucette et son doudou. J'apprends que c'est alors la plupart du temps l'occasion d'un temps de relaxation, qui n'a pas été conduit ce matin-là du fait de la grande tranquilité des enfants.
     
    La pièce peut être cloisonnée en deux par des portes coulissantes, afin de séparer les moyens des grands.

      J'assite au repas de midi du côté des plus grands ( de 2 à 3 ans environs). Au menu, sardines, purée maison et jambon de poulet avec kiwi en dessert. Les petis plats sont concoctés spécialement pour eux par la cuisinière de la crèche.
    Les enfants sont installés autour de la table. Les soignantes commencent par leur mettre leur bavoir autour du cou avant de proposer à chacun de se servir dans un bol d'une cuiller et d'une fourchette. Les enfants prennet aussi eux même leurs assiettes et les verres sont distribués et le repas servi. Celui-ci se déroule plutôt dans le calme, certains enfants concentrés sur l'utilisation des couverts, d'autres n'hésitant pas à "tricher" avec les doigts.
      Tous réunis à table, des différences dans leur comportement s'observent. Il y a clairement quelques petits "leaders", lançant de temps à autre chanson ou rythme tapé à la fourchette. Certains suivent immédiatement et avec beaucoup d'enthousiasme. D'autres s'arrêtent pour observer, sans imiter, et d'autres encore poursuivent leur repas comme si de rien n'était.
    Je constate que les enfants sont toujours intrigués par ma présence et me dévisagent parfois. La petite J. surtout m'observe avec un sérieux étonnant , l'air de ne pas bien savoir si c'est " du lard ou du cochon".

    Le repas terminé, distribution générale de gants de toilettes humides pour "s'essuyer le menton".

    Ensuite, changement de couche et petit tour aux toilettes afin de se préparer à la sieste. Les enfants savent ce qui les attendent et patientent (ou s'impatientent!) devant la porte du dortoir. Les moyens dans des parcs, les plus grands dans de petits lits aux allures de hamacs, proches du sol. Les volets sont fermés et une musique douce va accompagner l'endormissement.

    C'est l'heure du déjeuner pour nous! 

      Par la suite, une réunion avec la psychologue appellera la plupart du personnel, et je me retrouve dans la salle des petits avec une seule puericultrice et trois petits qui ne dorment pas. Une petite, C., qui marche déjà bien, est en pleurs et pousse des hurlements en se pressant contre la porte. Il semblerait que ses visites à la crèche soient assez rares et récentes et que l'angoisse de séparation soit trop dure parfois à supporter. Elle fait peu de cas de son doudou, qui ne semble pas jouer son rôle d'objet transitionnel, et tout en évitant le contact, lorsqu'elle y ait amené néanmoins, s'aggrippe littéralement. Un petit temps "d'aggrippage" avec la puer puis avec moi semble la calmer pour quelques temps, mais les pleurs reviennent toujours.
      Une petite (5 mois, il me semble), allongée sur le tapis, souriante et tranquille semble prendre beaucoup de plaisir à agiter les jambes et les bras et à battre le tout. Le troisième, J. marche tranquillement.
    Un peu plus tard, au fur et à mesure des éveils, une petite de moins d'un an se met à marcher... malgré sa turbulette! Le développement de la marche est chez elle légèrement précoce par rapport aux autres enfants. 
      S'en suit une période assez bruyante, puisque C. refuse de dormir et hurle, qu'une petite A. (semble-t-il à ma vue!), se met à pleurer rageusement ( le corps tendu, le cri âpre), bientôt suivi de V., qui d'après la puer. attend son biberon. Les différences de tonus sont perceptibles.
    Au milieu de tout ça évoluent quelques bébés d'un calme imperturbable, parfois même amusés des cris des bébés ou tentant peut être de les consoler par leur pitrerie ? Du côté des petits, toujours des tapis, coussins, fauteuils, une table musicale et de très nombreux et variés hochets.

      Lorsque la réunion se termine, je rejoints le groupe des grands et moyens avec ma référente. Les enfants se lèvent de la sieste. Nouvelle séance de changement, rhabillage et c'est reparti pour le jeu.
    J'essaye d'instaurer un contact avec J., qui observe toujours sans rien dire. Je suis également prise à partie par C. et son jeu de train. J'en profite pour lui faire utiliser son propre corps comme espace de jeu, en faisant rouler le petit train sur son bras, son dos, ses jambes... Il insiste d'ailleurs pour que je n'omette aucune partie! Ayant été plus légère sur un des genoux, distraite, il me fait signe de recommencer en désignant clairement la zone oubliée! 
      J'ai alors l'idée de proposer que l'on fasse la même chose pour les doudous. C. et J. me confient alors le leur, puis leur bras! J'arrive enfin à jouer avec J. Elle aussi s'amusera à faire passer le petit train sur mon bras.
    Pendant ce temps, C. a détourné le jeu! Il fait se "fracasser" le petit train contre mon dos. N'ayant pas eu mal, je suis suggère de réparer après cet accident, en songeant au train... Or, c'est moi qu'il se met à réparer! Il mime consciencieusement une perceuse perforant des trous dans mon dos accidenté, puis les "bam, bam" d'un marteau, enfin les "visse, visse, visse" terminaux! Un "aaah" satisfait m'annoncent que la réparation est complète et réussie. Un peu plus tard, le même petit garçon me fera frire une aubergine avec de l'huile et goûter le tout, sans oublier le jus restant au fond de la poêle! Ces séquences d'imitation des parents (bricolant-réparant, cuisinant) sont utilisées très facilement dans le jeu en crèche.
     
       Lorsque tous les enfants sont réveillés, on passe au goûter! Crème dessert au chocolat et petit beurre pour les grands. J. finit consciencieusement son pot et ne manque pas de me le montrer. R. et I., en deux bon compères font mine de se donner à manger l'un l'autre, C. étale avec beaucoup d'attention un peu de chocolat sur la table, ne manquant pas de m'expliquer comment le tout va être nettoyé.

      Après le goûter, c'est séquence lecture! L'éducatrice lit aux enfants plusieurs histoires. L'un d'eux, R., toujours prompt à suivre ses camarades à table fait une nouvelle fois preuvent de sa tendance à imiter. Tout à sa joie d'entendre l'histoire, il répète chaque phrase de l'éducatrice, très attentif. Je ne suis pas tout à côté des enfants, mais je suis aussi l'histoire, tout en les observant... et eux-même m'observent également et parfois me tendent le doigt vers le livre comme pour partager leur sentiment ou m'enjoindre d'écouter plus attentivement.

    Il ne me reste après cela plus beaucoup de temps en crèche pour la journée. J'observe quelques retours de parents.
    Ainsi, la petite C. parle du "Monsieur et de la Madame" lorsque ses grands parents arrivent et ne semblent pas pressée de partir. Reprocherait-elle à ses parents de ne pas venir la chercher eux-même?
    C. lui, refusera d'embrasser sa mère, mais nous dira au revoir avec enthousiasme et affection.
    Jojo lui, attend sa mère devant la porte depuis les premiers départs et bondit de joie à son arrivée.
    Certains enfants guettent donc l'arrivée de leurs parents alors que d'autres continuent à jouer sans s'en soucier. J. elle, me fera lire de petits livres avec elle ( elle ira vers la psychologue aussi).

    Voilà pour ce premier jour en crèche... Je constate qu'il y a déjà énormement de matière à réflexion! Il va falloir effectuer des observations plus précises et rechercher l'étayage théorique qui va permettre leur compréhension.

      A demain pour le jour 2!


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  • Demain, lundi 07 décembre, commence mon premier stage depuis l'entrée en IFP (et même, premier stage tout court!).
    Il s'agit d'un stage d'observation de 70 heures en crèche. En tant qu'étudiante en première année de psychomotricité, il va me falleoir observer et recueillir des informations sur le développement psychomoteur, physique, cognitif, intellectuel, affectif et comportemental des enfants de 3 mois à 3 ans.
     Vaste projet en somme, après trois mois de cours théorique sur le développement de l'enfant!

    A l'issu de ce stage, un rapport sera soumis à la responsable des stages et évalué. Il s'agira alors d'être capable de présenter succintement la crèche d'accueil et son fonctionnement, puis de transmettre mes observations et leur analyse en me basant sur un étayage théorique (donc, cours et bibliographie).
    Avant de conclure, l'observation plus précise du développement global d'un enfant en particulier devra également être complétée.
    En dernier lieu, je disposerai d'un temps de de bilan critique sur les apports et objectifs du stage.

    La bibliographie sur laquelle je pense pouvoir m'appuyer dès à présent:
    L'ours et le loup, Pascale Rosefelter  <= en cours de lecture!
    A voir l'oeuvre de Winnicott également.

    Les propositions de lecture de l'atelier bibliographie sont à explorer!




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